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Entrée en scène devant près de 4000 admirateurs déjà en émoi, impatients de la retrouver, la diva Vanessa va s’offrir à nous.

Prenant place sur le haut tabouret, tel un bel oiseau élancé, elle nous introduit à ses premières pièces. La voix sage et le corps souple elle se balade sur les sublimes musiques qui l’accompagnent.

Plus énergiques, les sons se déhanchent, une jeune louve prend la place et met le feu en douceur… et ça ne s’arrête pas : L’incendie, La mélodie, Tandem, Chet, Hallelujah, Le temps de l’amour… Clouée à mon fauteuil, je savoure tout : le style, les jeux de lumière, les arrangements. Cordes en quatuor, percussions à se jeter par terre, génial Albin de la Simone au piano, la musique est divine et la virtuosité de cet ensemble frappe la cible, je suis atteinte.

La femme enfant d’il y a 20 ans séduit et charme et on ne croirait pas qu’il y a tant de temps entre cette époque et la femme qu’elle est devenue. Elle danse sur les rythmes avec tant d’élégance… Si bien harmonisés, ses grands succès se trouvent entièrement renouvelés, je craque pour ces nouvelles perles que je croyais surannées.

Acclamation générale pour la paradisiaque Vanessa… Généreuse, elle reviendra à quelques reprises et nous éblouira encore et encore. En enfant sage, assise par terre face à Albin pour une « partie de piano souple », elle nous fera un petit rappel façon cinéma, tout en enchantement. La foule en veut encore, le désir est fou… elle revient!

Cette chanson qu’elle connaît depuis l’âge de 5 ans et qu’elle n’a jamais cessé de chanter, nous dit-elle, elle nous l’offre en cadeau d’adieu et nous fait sourire de plaisir sur les paroles de notre patriarche. Ce « Petit bonheur » fut immense et il s’en est allé, nous laissant à l’émotion de la rencontre et au charme d’une princesse si ensorcelante qu’on se dit qu’il faut qu’elle nous revienne… vite!

Montréal en lumière merci, l’aura de cette grande star m’illumine encore.

Réminiscence

5 décembre 2010

Un taxi qui attend… une étreinte chaleureuse et amicale:

– Tu vas avoir froid sans ton manteau ma sœur, rentre vite. Bye, je t’aime.

Le chauffeur prend ma petite valise et je monte…

– Vous avez l’air d’une personne importante, me dit-il.

– Moi? Je ne suis pas une personne si importante que ça monsieur.

Il me dit qu’il pense que oui…

– Vous avez une belle voiture. La grande porte se referme toute seule. C’est un beau modèle.

Il me dit qu’il peut rabattre le siège non utilisé du passager avant, afin d’offrir une meilleure vue au passager assis en arrière.

Je me sens comme une reine, la ville et ses lumières défilent dans la jeune pénombre du couchant. Montréal tu es belle. J’aime la beauté.

Arrivés à une certaine intersection, en attente du feu vert, il attire mon attention sur une façade illuminée, rue Sainte-Catherine. Il me dit:

– C’est l’ancien forum.

– Ah oui? Je ne me suis jamais rendue dans ce lieu mythique. Je ne m’intéresse pas au hockey.

Il paraissait étonné.

– Mais, j’ai le souvenir de mon père qui lui, «écoutait» toutes les parties des Canadiens à la télévision le samedi soir. Moi, je cuisinais des gâteaux et je lui en offrais entre la 2e et la 3e période. Il prenait un peu de thé et ces petits gâteaux fraîchement sortis du four qui seraient aussi le dessert au repas du dimanche.

Après coup, je me dis que c’était une sorte de communion entre lui et moi, un rituel…

– Vous faisiez des gâteaux pour votre père? Je trouve ça tellement beau! Et ça se passait où?

–  À la maison familiale en Gaspésie.

–  Et votre père, il est où à présent?

–  Au ciel…  je l’ai vu passer les nuages de lumière au dessus de la mer entre Méchins et Matane…

Mon père écoutait son hockey en compagnie de mon frère Pierre, le plus jeune de ses trois fils. Après chaque partie, au pointage final, il se dirigeait vers le téléphone et composait le 3333, chez mon oncle. Lorsque Wilfrid répondait, papa disait «Pis???» et ils discutaient ensemble de la partie.

Je disais que je ne m’intéressais pas au hockey mais j’ai plusieurs souvenirs où je jouais au hockey avec mon frère…Un jeu sur table avec des joueurs semi-mobiles et des manettes pour mettre la partie en action. Mon frère, expérimenté, commentait nos parties en imitant la voix et surtout les intonations de René Lecavalier, le commentateur de l’époque. Ces parties-là, nous les vivions en temps réel et avec une véritable passion du jeu. Parfois, je regardais sa collection de cartes de hockey, les joueurs qu’il aimait. Pour les joueurs anglophones, j’apprenais à prononcer leurs noms, qui ne m’étaient pas familiers. Le plaisir était là et la complicité…Voilà ce que ce beau vieux Forum représente pour moi aujourd’hui, les parties d’hier à la télévision et les jeux de hockey avec Pierre. Je n’y suis jamais allé, mais il parvient à évoquer tous ces souvenirs en moi…

– Comme c’est beau!…Vous savez, j’entends beaucoup d’histoires dans mon taxi, mais la vôtre, elle est spéciale, je l’aime et je crois que je vais ouvrir un tiroir à part dans ma mémoire afin de la conserver intacte.

Nous voilà à la gare chère madame.

– Merci monsieur. Après ce trajet en taxi, on dirait que je me sens importante… Vous avez ouvert un tiroir pour mon histoire alors que moi, j’ouvrais un tiroir de souvenirs et vous m’avez écoutée. Au revoir…

Une file d’attente. L’embarquement. Et le train qui me ramène chez moi.

Un sentiment de joie traverse mon cœur…

Léon Tolstoî avec sa petite-fille«Que les hommes appliquent leurs forces, non aux événements extérieurs, mais à leur cause, à leur vie, et comme la cire au feu, fondra ce pouvoir de violence et de mal qui opprime et tourmente les hommes.» Léon Tolstoï – Une des dernières phrases qu’il a écrites. (décédé le 20 novembre 1910)

un peu de Paris…

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Bonjour :)

Bienvenue… dans mon nouvel espace qui naviguera de moi à vous et de vous à moi. De l’été à l’hiver je serai là et j’ébourifferai le printemps au passage… Et ce temps pas si sage…

Il vit seul dans son appartement

Il crée des effets spéciaux

Serge est un concepteur

 

Ses créations, il veut les présenter au monde extérieur.

Alors, il reçoit chez lui ses amis (un à la fois) qui deviennent spectateurs en assistant à la présentation d’un des effets créés par Serge, jumelé à une musique choisie pour en accentuer le rythme.

 

Or, ces amis spectateurs ont des réactions, des commentaires et des appréciations, mais dans l’atmosphère feutrée du lieu clos où les mots se perçoivent par bribes, par petites intonations, discrètement… L’expérience est vécue intimement avec Serge qui tisse au fil des événements un concept de présentation progressive de ses effets.

 

Lorsque Serge invitera  les différents participants tous en même temps pour une ultime représentation de son art, il créera l’Événement… Le happening aura lieu et tous ces spectateurs qui ont vécu la présentation d’un effet en solo se mettront à échanger leurs impressions mutuelles avec intérêt et une grande fascination pour l’œuvre de Serge naîtra.

 

Il n’en faut pas plus pour qu’advienne dans l’instant, la consécration de l’artiste.

 

En créant l’événement qui regroupe tous les témoins des expériences antérieures, Serge a permis aux spectateurs de reconnaître son talent et son art.

 

Pour l’enchaînement final Serge nous montre un avant-goût plutôt électrifiant et décoiffant de sa future performance. Serge a gagné de l’assurance, il se dirige vers des concepts plus forts et plus puissants…

 

Dans cette mise en scène, il y a aussi ce Serge, vivant un quotidien aussi banal que cela peut être et cette banalité amuse énormément.

 

Ce concept théâtral illustre en quelque sorte le processus de la création/représentation que pourrait vivre tout artiste de la scène ou des arts visuels. Un processus reproduit ici dans un microcosme : l’univers simple et restreint de Serge créant des effets. N’est-ce pas ainsi que l’art se développe dans la sphère sociale, voire internationale?

 

J’ai ressenti un immense plaisir à voir évoluer cette mise en scène fine, si amusante, déroutante aussi parfois, si on lui cherche un sens… J’ai ri aux larmes lorsque les spectateurs se sont mis à partager leurs impressions, mimant les gestes de Serge, s’exclamant, impressionnés par l’effet, la technique, les artifices. Tout ça dans l’ambiance intime du lieu de Serge, où le spectateur de la salle devient témoin du party sans en entendre à 100% tous les échanges entre les invités et l’artiste, mais appréciant grandement le jeu qui ressemble à ce moment-là à une pantomime. Hilarant!

 

Un Serge vivant un début de consécration, devient-il le Robert Lepage de son microcosme ???
 
L’effet de Serge était présenté au Périscope à Québec, le 11 juin 2010